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VOLUME 28, NUMÉRO 2, HIVER 2004

Roland Giguère fut un de ceux qui, le 24 juin 1974, fondèrent la revue Possibles.  Il nous inspira sans doute ce titre qui explique à la fois notre insertion dans le réel et notre souci d'explorer toutes les avenues de l'imaginaire.

À la suite de son décès en août dernier, nous lui rendons ici hommage.  Nous avons pu, dans ce numéro spécial, joindre aux poèmes et dessins inédits issus de son dernier hiver les témoignages de sa compagne et de ceux et celles qui, au cours des années difficiles, demeurèrent ses fidèles amis.

Alors qu'avec les politiciens et les comptables qui nous gouvernent "une dernière vague de froid emporte nos paroles gelées vers des banquises inconnues", Roland Giguère, "de son dernier envol vers les feux du sommet où tout devient clair", nous laisse ce message: "on sème des espoirs de toutes les couleurs sur nos nuits blanches et le coeur s'apaise".

Il y avait l’orage fou
Hélène Dorion

Roland Giguère, poète du paysage intérieur
Jean Royer

Le beau rêve
Inédits de Rolland Giguère: poèmes-dessins
 

TÉMOIGNAGES

Le beau rêve
Marthe Gonneville

Lettre à Roland
Pierre Morency

Un mot rare perdu au creux de l’oreiller
Louise Desjardins

Un homme à vif devant l’intolérable
Jean-Paul Filion

Sans terre ni voix
Michel Leclerc

Roland Giguère, éditeur
René Bonenfant

Lettre à Marthe Gonneville
Madeleine Gagnon

Le test de l’autobus
Michel Lemaire

La patience du poète
François d’Apollonia

En toute amitié
Lise Gauvin

Nous n’avons pas fermé le livre
Catherine Morency

Remerciements lors de la réception du prix Athanase-David 2003
Michel van Schendel
 

ANALYSES

Post-scriptum
Jacques Brault

On prend sa plume et on écrit oiseau
Paul Chanel Malenfant

Ut pictura poesis
Gilles Daigneault

DOCUMENT

Le goût de l’avenir de Jean-Claude Guillebaud
Céline Lafontaine

PRIX HUBERT-AQUIN 2003

La pensée révolutionnaire de Pierre Maheu
Marie-Hélène Mello

 

ÉDITORIAL
 

Nous étions fous aussi
mais fous de nos amours
fous de notre liberté
et pour ne pas crier
nous écrivions sur nos murs
des lettres voyantes en capitales éclairées

Roland Giguère
"J'imagine", Possibles,
Vol.1, no,1, automne 1976


Un poète des possibles

Le 24 juin 1974, Gérald Godin, Gilles Hénault, Gaston Miron, Marcel Rioux, Roland Giguère et moi avons imaginé Possibles pour contribuer, au confluent de la poésie, des arts plastiques et de la sociologie critique, à bâtir, au delà du politique, le Québec de nos rêves.

Familier du surréalisme français, Roland se fit le principal instigateur de ce projet qui prolongeait la «communauté de North Hatley » où, avec Denise, Marie-Nicole, Pauline, Paul, Monique et Léon, nous nous réunissions souvent pour refaire le Québec sur le terrain de pétanque des Giguère ou autour d’une table bien garnie.

Ce fut sans doute Roland qui, au cours de nos discussions animées, nous suggéra le beau titre de Possibles, exprimant à la fois notre insertion dans le réel et notre souci d’explorer toutes les dimensions de l’imaginaire.

Depuis cette époque, après l’enthousiasme des débuts, Roland a continuellement appuyé notre démarche. Ses poèmes et ses dessins ponctuent les moments les plus importants de notre histoire. Jusqu’à la fin, il fut un de nos plus fidèles lecteurs.

Inspirés par la cérémonie de la parole qui, le 27 août dernier, suivit le décès de Roland, nous avons choisi de prolonger nous aussi sa présence. Grâce à la collaboration de Marthe Gonneville, sa compagne, nous avons pu réunir, dans ce numéro spécial, des poèmes et des dessins inédits, issus de son dernier
hiver, et de nombreux témoignages offerts spontanément par ceux et celles qui, au cours des années diffciles, demeurèrent ses fidèles amis. Nous avons ajouté à cet ensemble des textes sur Pierre Maheu et Jean-Claude Guillebaud qui s’inscrivent à leur manière dans la même démarche.

Alors qu’avec les politiciens et les comptables qui nous gouvernent « une dernière vague de froid emporte nos paroles gelées vers des banquises inconnues », Roland, de son « dernier envol vers les feux du sommet où tout devient clair », nous laisse ce dernier message :
 

On sème
des espoirs de toutes couleurs
sur nos nuits blanches
et le coeur s’apaise


Gabriel Gagnon
pour le comité de rédaction